Modération

Elisabeth Quin
Elisabeth QUIN Journaliste, animatrice

Orateurs

Isabelle Audo
Pr Isabelle AUDO Professeure en ophtalmologie à Sorbonne Université
José-Alain SAHEL
Pr José-Alain SAHEL Directeur de l’Institut de la Vision

Programme

Programme complet bientôt disponible.

À propos

Lorsque les patients viennent en consultation au centre de maladies rares, ils y viennent d’abord pour avoir des conseils et des encouragements pour la prise en charge de leur pathologie rétinienne dégénérative. Après explications sur les mécanismes conduisant à la maladie et à l’annonce de l’absence de traitement curatif, la question des perspectives de la recherche, des thérapies innovantes vient très vite. Nous abordons alors les différentes approches à l’étude dont la thérapie génique.

La plus fréquente de celle-ci, est la thérapie par remplacement de gène : le principe est expliqué simplement : la pathologie rétinienne dégénérative est liée à une modification du code génétique conduisant au mauvais fonctionnement d’une protéine, un acteur très important pour la rétine. L’idée de la thérapie génique est d’amener la séquence génétique normale pour remplacer celle qui ne fonctionne pas. La nouvelle séquence génétique ne peut pas rentrer comme cela dans les cellules de la rétine à traiter. Il faut qu’elle soit amenée à l’aide d’un transporteur, qui est un virus, non pathogène, qui contient le gène normal, et qui a la capacité de rentrer dans les cellules rétiniennes pour délivrer le gène à la cellule malade, un peu comme une lettre dans une boite aux lettres.

La plupart des essais de thérapie génique impliquent une injection sous la rétine afin que le virus rentre directement dans les cellules malades, les photorécepteurs, qui constitue la couche la plus profonde de la rétine. Il s’agit donc d’une opération chirurgicale, sous anesthésie générale. L’opération, après avoir enlevé le gel de l’œil (le vitrée), consiste donc à faire une petite bulle sous la rétine en injectant une solution contenant le virus de thérapie génique. Le virus rentre dans la cellule, libère la séquence génétique normale qui restaure ainsi la fonction qui était défectueuse. Cette thérapie génique ne va donc pas restaurer les cellules nerveuses de la rétine qui ont disparu, mais va empêcher les cellules traitées de dégénérer, stopper l’évolution de la pathologie, voir parfois de restaurer un peu de leur fonction.

Ceci implique bien sûr qu’au préalable, la cause génétique de la maladie ait été identifiée et que des études de laboratoire aient démontré une certaine efficacité du remplacement du gène. D’autres stratégies de thérapie génique ne visent pas à remplacer le gène modifié mais d’amener un gène « médicament » qui pourrait être un facteur de survie des cellules rétiniennes ayant pour objectif de stopper la maladie quelle qu’en soit la cause génétique.

Enfin la thérapie génique peut tenter de restaurer de la vision lorsque celle-ci a quasiment disparue. C’est le cas de l’optogénétique : ceci s’adresse aux patients qui ont perdu les cellules photoréceptrices, seules cellules capables de répondre à la lumière pour générer de la vision. Ici, il s’agit d’amener un gène d’une molécule photosensible par un virus qui sera injecté dans l’œil.

Le virus va rentrer dans les cellules de la superficie de la rétine, en général non malades mais non réactives à la lumière. L’optogénétique va les rendre photosensibles et restaurer une certaine perception des lumières et des formes. Cette approches d’optogénétique implique en plus le port de lunettes qui vont amplifier la lumière naturelle pour activer le nouveau photopigment.

Lorsqu’on participe à un protocole de thérapie génique il faut bien comprendre qu’il s’agit d’un essai et non encore d’un traitement validé. L’essai est précédé d’un certain nombre de tests en laboratoire qui ont apporté une certaine preuve d’effet et une tolérance satisfaisante. L’essai a pour objectif de montrer un effet thérapeutique qui n’est pas encore prouvé chez l’humain.

Un certain nombre d’examens ophtalmologiques sont réalisés avant et après l’injection pour vérifier la tolérance du traitement mais aussi documenter son effet thérapeutique. Ceci nécessite une certaine disponibilité.

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